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M&A Défense T2/2026 — En France, un record historique et des valorisations premium

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Le marché français des fusions-acquisitions dans l'aérospatiale et la défense a enregistré un deuxième trimestre 2026 historique. Avec 54 transactions recensées, le volume dépasse largement la moyenne historique des seconds trimestres (14,2 opérations) et progresse de +8 deals par rapport au premier. Portée par Eurosatory et par une défense multi-activités en pleine consolidation, la période affiche également des valorisations premium sur les actifs technologiques de souveraineté.

Un volume record et une internationalisation maîtrisée

Le T2 2026 totalise 54 opérations, soit près de quatre fois la moyenne de long terme. Si 67 % des transactions restent franco-françaises, ce ratio recule légèrement par rapport au trimestre précédent (70 %), signe d'une ouverture sélective aux capitaux étrangers.

Plusieurs entrées illustrent cette attractivité internationale : Saab investit dans Comand AI (série A de 32 M€), tandis que le toulousain Rossi Aero passe sous le contrôle du groupe canadien Meloche. La France conserve un cœur domestique solide tout en accueillant des capitaux stratégiques ciblés.

La Défense, moteur incontesté du trimestre

La défense concentre 41 % des opérations, devant l'aéronautique (31 %). Le segment multi-activités est particulièrement dense : recomposition de capital chez Nexteam, acquisitions et cessions chez Mecachrome, mais aussi mouvements structurants des grands maîtres d'œuvre.

Airbus et Safran rachètent la participation de Tikehau dans Aubert & Duval. Airbus acquiert Quarkslab, Safran.AI reprend le pôle renseignement militaire de Kayros, MBDA reprend les activités Centum T&S, et Sopra Steria négocie en exclusivité l'activité Manufacturing Engineering de Daher. Le naval (10 %), le spatial, le terrestre et le cyber (6 % chacun) complètent un panorama diversifié mais dominé par la défense.

Des deals majeurs et des valorisations en hausse

La valeur totale des transactions du trimestre dépasse 10 Md€, portée par deux opérations d'ampleur : l'entrée de l'État allemand au capital de KNDS à hauteur de 40 % (6 à 7,2 Md€), prélude à une future IPO, et les négociations exclusives de Safran pour l'acquisition d'Exail Technologies (2,2 Md€).

D'autres deals enrichissent le bilan : cession par KNDS d'environ 5,8 % de sa participation dans Renk (262 M€), introduction en Bourse de ST Group, première acquisition du fonds Émergence Défense de Latour Capital sur Cerbair. Les prises de participation minoritaires représentent 24 % des opérations. Plusieurs transactions ont été conclues sur des multiples supérieurs à 12x, nettement au-dessus des standards habituels du secteur.

Industriels et fonds redessinent le paysage capitalistique

Les acquisitions de titres dominent (56 %), suivies des acquisitions d'actifs (13 %), des LBO (11 %), des opérations de marché (9 %) et des augmentations de capital (7 %).

Les industriels sont très actifs à l'achat (34 opérations buy-side). Les fondateurs apparaissent massivement vendeurs (31 opérations sell-side), tandis que les fonds affichent une part inhabituellement élevée à la cession (22 %). Ce mouvement amorce un désengagement progressif des fonds, dont les actifs sont repris par d'autres fonds ou par des industriels.

Perspectives : consolidation durable et fenêtres de sortie

Le bilan du T2 2026 dessine un secteur en mutation. La combinaison d'un volume record, d'une forte concentration défense, de deals étatiques structurants et de valorisations premium signale une tendance haussière durable.

Les opérations en cours (Safran/Exail, IPO potentielle de KNDS) et l'émergence de fonds spécialisés défense (Émergence Défense, etc.) laissent présager une poursuite de la dynamique au second semestre. Pour les PME et ETI technologiques françaises, ce contexte offre à la fois des opportunités de croissance externe et des fenêtres de sortie attractives, dans un environnement où la souveraineté technologique et les capacités de défense européennes restent des priorités stratégiques.

Source : Financière Cincinnatus — Bilan M&A Aérospatiale & Défense France, T2 2026.

À retenir

Avec 54 transactions et plus de 10 Md€ échangés, le T2 2026 confirme que la consolidation de la base industrielle française de défense est enclenchée. Pour les PME et ETI technologiques, la qualité de préparation et la lisibilité souveraine détermineront la valeur réelle en sortie.